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Ce corps qui nous est donné

Comment habitons-nous notre corps ? Quel regard sur le corps de l'autre ? Quel visage du Christ nous laisse-t-il entrevoir ? Comment accueillons-nous ou bloquons-nous les évolutions de la société par rapport au sens du corps ?

Enquête ACI 2013-2014

Notre corps est présent à chaque instant de notre vie : rien ne se passe en nous qui ne passe par lui !

Nous le recevons de nos parents dans la continuité d'une histoire commencée bien avant nous.

Comment habitons-nous notre corps ? Quel regard sur le corps de l'autre ? Quel visage du Christ nous laisse-t-il entrevoir ? Comment accueillons-nous ou bloquons-nous les évolutions de la société par rapport au sens du corps ? Voici quelques unes des questions posée par cette enquête.

Pour aller plus loin, nous proposons dans ce dossier un certain nombre de textes complémentaires.

Présentation

Comment j’habite mon corps qui est fort, qui se fatigue, qui est malade, qui m’abandonne...

Nous vivons avec lui : « J’ai honte de mon corps… »/« Je suis mignon(ne) et j’en joue… »

Evolution entre les générations, le contrôle des naissances, la PMA, la génétique, la bioéthique, l’euthanasie, les progrès de la médecine, pub et corps de la femme, prière avec des gestes...

Comment je préserve ma santé au travail dans le tourbillon du toujours plus ?

Les gestes, pleurer, rire, crier, danser...

Souvent, nous faisons corps… Pourquoi ? Avec qui ? Comment ?

Directement ou par nos proches, nous sommes témoins d’évolutions, de nouvelles façons de vivre : comment sommes-nous touchés/heurtés/libérés/perdus.... Comment ça nous « bouge », qu’est-ce que nous accueillons, refusons… pourquoi ?
…Et il nous pose question… aux trois âges ! Notre corps nous dit quelque-chose de Dieu à tout stade de la vie…

La place de Dieu : Il n’est pas loin, même dans nos tâtonnements, Il laisse l’homme libre…

Ma conscience/ La conscience de l’autre, à l’heure des choix…

La Résurrection des corps… Le Verbe s’est fait chair… L’âme et le corps…

Et si on parlait de la mort…?

Relecture

La commission nationale de relecture a réalisé un document de relecture de cette enquête :

Carcasse

Sûr qu´on ne s´est jamais quittées
Depuis ce jour fleuri de roses
Où sans y comprendre grand chose
Toi et moi, on a débarqué
On a grandi sans y penser
Je t´ai fait prendre quelques bûches
Tu m´as évité les embûches
Des lunettes et des bras cassés
La fièvre, moi, je l´aimais bien
Quand tu me collais des angines
Je voyais des dragons de Chine
S´agiter sur mon papier peint

Carcasse
Sait-on bien comment ça se passe ?
On occupait la même place
On ne s´est jamais rien demandé
Sans blague
Mes souvenirs sont dans le vague
Comme les branches qu´on élague
À l´arbre où on s´est balancées

J´ai commencé par deviner
En arrivant vers quinze, seize
À sentir un certain malaise
Qu´on n´était plus bien accordées
Toujours on se contrariait
Tu dévorais, j´étais frugale
Et je nourrissais tes fringales
En rêvant que je m´envolais
Un mauvais jour, j´ai découvert
Ton grand nez, j´ai trouvé ça moche
Mais tu m´as dit « Pauvre caboche
Regarde un peu, tu as les yeux verts »

Carcasse
On s´épiait devant la glace
J´avais les peurs, toi les audaces
On ne pouvait rien décider
En somme
C´est moi qui me méfiais des hommes
Et toi qui les désirais comme
Une grand-voile à ton voilier


J´espère qu´à notre chemin
Il n´y a qu´une moitié de faite
Je nous vivrais bien d´autres fêtes
Je te ferais marcher plus loin
J´espère encore te changer
J´essaie toujours mais tu renâcles
Et tu me bâtis des obstacles
Où je ne peux que trébucher
Mais même sans viser trop haut
Je veux que tu sois, vieille bête,
Au moins aussi bien dans ma tête
Que moi, je suis bien dans ta peau

Carcasse
Faut que tu marches ou que tu casses
Mais si je te regarde en face
Il n´y a pas de quoi prendre peur
T´existes
Et puis t´es pas tellement triste
Surtout depuis que tu résistes
Au vent qui malmène les fleurs

On a beau savoir qu´il faudra
Que toi et moi, on se sépare
Vois-tu, j´ai de la peine à croire
Qu´un jour ça nous arrivera
On peut essayer si tu veux
De repousser plus loin la cible
Moi, je ferai tout mon possible
Mais faudra que tu m´aides un peu
Et quand tu arriveras au bout
Pourvu que ça soit moi qui veille
On s´arrangera bien, ma vieille
Pour résister encore un coup

Carcasse
On n´y peut rien, les années passent
Sur toi le temps laisse des traces
Et je sens que je change aussi
Avance
Ton arme à toi c´est l´espérance
À chaque jour qui recommence
On recommence notre vie

Carcasse
Depuis longtemps quoi qu´on y fasse
Et jusqu´à ce qu´on se défasse
Tu restes ma meilleure amie

Par Anne Sylvestre

Il est Dieu et il me ressemble

La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant.
Ce qu’il faudrait peindre sur son visage
c’est un émerveillement anxieux
qui n’a paru qu’une fois sur une figure humaine.

Car le Christ est son enfant,
la chair de sa chair, et le fruit de ses entrailles.
Elle l’a porté neuf mois et elle lui donne le sein, et son lait deviendra le sang de Dieu.
et par moments, la tentation est si forte qu’elle oublie qu’il est Dieu
Elle le serre dans ses bras et elle dit : mon petit.

Mais, à d’autres moments, elle demeure toute interdite
et elle pense : Dieu est là
et elle se sent prise d’une horreur religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant terrifiant.
Car toutes les mères sont ainsi arrêtées par moments devant ce fragment rebelle de leur chair qu’est leur enfant
et elles se sentent en exil à deux pas de cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent des pensées étrangères.
Mais aucun enfant n’a été plus cruellement ni plus rapidement arraché à sa mère, car il est Dieu et il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer.

Et je pense qu’il y a aussi d’autres moments, rapides et glissants ou elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu.
Elle le regarde et elle pense : " Ce Dieu est mon enfant.
Cette chair divine est ma chair.
II est fait de moi.
II a mes yeux, et cette forme de sa bouche c’est la forme de la mienne.
Il me ressemble. Il est Dieu et il me ressemble. "

Et aucune femme n’a eu de la sorte un dieu pour elle seule.
Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers,
un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire,
un Dieu qu’on peut toucher et qui vit.
Et c’est dans un de ces moments que je peindrais Marie, si j’étais peintre, et que j’essaierais de rendre l’air de radieuse tendresse et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant-Dieu dont elle sent sur ses genoux le poids tiède, et qui sourit.

Texte de Jean-Paul Sartre (1940)

Le phénomène du marquage corporel

Les tatouages furent longtemps des signes d’appartenance et sont aujourd’hui pour de plus en plus de jeunes une manière de revendiquer leur originalité, de séduire, de s'embellir et parfois de provoquer. Ils sont associés au piercing qui consistent à percer une partie du corps pour y introduire un bijou.
Ces marquages corporels sont souvent mal accueillis et doivent être cachés dans le milieu du travail ou à l’école.

La pratique du tatouage se révèle assez peu répandue en France sans pour autant être marginale : un Français sur dix déclare en effet s’être fait tatoué (10 %). Sans grande surprise, cette pratique du tatouage apparaît fortement corrélée à l’âge, certaines générations étant beaucoup plus concernées.

Un jeune sur cinq âgé de 25 à 34 ans déclare ainsi posséder un tatouage, soit une proportion deux fois supérieure à la moyenne. Ces derniers constituent donc la tranche d’âge la plus tatouée, alors que les plus jeunes, les 18-24 ans, sont légèrement sous-représentés par rapport à la moyenne, seuls 8 % d’entre eux déclarent en effet être tatoués.

Les français et les tatouages – Sondage IFOP juillet 2010

Nous connaissons des jeunes qui portent des tatouages ou des piercings, ou les deux, il y en a peut-être dans nos familles…à la maison.
Avons-nous discuté avec l’un ou l’une de ces jeunes de ces marquages ? En avons-nous envie ?
Que disent-ils des raisons pour lesquelles ils se marquent ? Ou encore, de quoi veulent-ils se démarquer ?
Leurs motivations nous sont-elles étrangères ?
Qu’est-ce qui a bougé en nous après l’avoir entendu ?
Et nous, éprouvons-nous le besoin de marquer notre singularité par un signe extérieur, un motif sur la cravate, une coiffure, des bijoux fantaisie « bien visibles », une barbe, un chapeau ?

Le corps des mannequins, incarnation de l'ambivalence de la mode

Avec l'exposition « Mannequin : le corps de la mode », le Musée Galliera à Paris s'intéresse à l'un des sujets les plus controversés de cette industrie qui défile en ce moment sur les podiums. A travers plus de cent photographies, extraites de magazines et de films, elle raconte le passage des bustiers en osier aux modèles humains mais, surtout, retrace l'évolution des silhouettes de chair de la fin du XIXe siècle à nos jours. Le modèle et son corps cristallisent les contradictions d'un système tiraillé entre un souci d'efficacité commerciale et une dimension artistique détachée du réel. Un débat très contemporain. « Au début du siècle dernier, les mannequins étaient aussi appelées des sosies. Dans les salons des couturiers, lorsqu'elles présentaient les vêtements, elles devaient ressembler aux clientes », rappelle Sylvie Lécallier, photographe et commissaire de l'exposition. Aujourd'hui, le corps de la mode est fantasmé, déconnecté des silhouettes des consommatrices.

Un idéal qui s'éloigne de la réalité

« Ce paradoxe s'est mis en place lorsqu'on est entré dans une logique de séduction avec la diffusion d'images dans les magazines, à la fois pour vendre la mode et ces publications. Cela a abouti à la création d'un idéal », précise la photographe. Au fil des ans, les silhouettes des modèles se sont allongées, affinées, rajeunies. « Certains dans le milieu se sont posé la question : " Pour qui crée-t-on la mode ? " », continue Sylvie Lécallier. C'est notamment le cas de John Galliano qui, pour sa collection de prêt-à-porter printemps-été en 2006, avait fait appel à des jeunes femmes aux antipodes des canons de beauté du secteur.

D'autres, comme Alexander McQueen ou le photographe Juergen Teller, ont décidé de mettre en avant la vulnérabilité de ce corps érigé en marchandise. « Leurs démarches illustrent la dureté d'un métier dont on ne voit généralement qu'une façade glamour », juge Sylvie Lécallier. Des initiatives qui ont marqué les esprits, sans bouleverser les codes de cette industrie. « Dans les années 1980-1990, il y avait de la place pour des filles qui sortaient du lot. Aujourd'hui, les normes sont plus strictes, les modèles sont plus jeunes. On est plus frileux sur la différence, au risque parfois de perdre toute connexion avec le réel. »

Article paru dans Le Monde, le 27 février 2013

Le physique : une clé des relations professionnelle, cynisme ou réalisme ?

Témoignage

Une collaboratrice de mon équipe me disait l’autre jour en parlant d’une ancienne stagiaire que nous avions eu : « Marlène elle ne compte que sur son physique, elle oublie qu’il faut un peu d’intelligence pour évoluer ».

Je reste interloqué, elle poursuit : « Mais oui, quand on est femme, il faut user de son charme dans le monde professionnel pour faire carrière : si on est attirante, on sera préférée ! Par contre ensuite, il faut assurer pour bien faire le boulot qu’on attend de nous, c’est là qu’il faut être intelligente. » (Cette collaboratrice est plutôt jugée comme physiquement attrayante).

En première réaction, je reste outré de cette réponse bien que la sachant totalement intègre et avec des principes moraux très forts. Où est mon principe d’égalité des chances que j’essaie de mettre en œuvre ?

Mais après réflexion, est-ce que je ne compte pas sur elle pour discuter ou négocier avec des interlocuteurs avec lesquels j’ai une relation compliquée alors que ce n’est pas le cas pour elle (en partie pour son attractivité physique) ?

Et moi ? Ce que j’appelle des affinités relationnelles sont-elles purement liées à mon caractère ?

Ainsi, il faudrait considérer le physique comme un atout professionnel ? Pour ceux qui sont moins avantagés, faudrait-il donc combler ce manque par des compétences supplémentaires pour se différencier ? Quelle conclusion effrayante ! Je ne peux toujours pas l’admettre.