L’Université d’été de l’ACI, organisée du samedi 11 au mardi 14 juillet 2026 à Clermont-Ferrand, a été un très beau moment d’échange, de partage, plusieurs participants ayant souligné la qualité des intervenants qui nous ont fait l’honneur de participer aux conférences-débat.
Nous les remercions !
Leurs présentations dans le dossier du participant de l’UE 2026
Voici quelques réflexions échangées.
Des conférences-débats de qualité
- « Citoyen, acteur de paix dans le monde », samedi 11 juillet
Mgr Antoine Hérouard, général Hervé Rameau, Aya Eid
Hervé Rameau, a souligné, sous un angle théologique et historique, mais aussi en s’aidant de sa propre expérience de terrain en matière de conflits internationaux, la complexité des questions de paix et la difficulté posée par le danger de calquer nos propres schémas culturels à cette question.
Aya Eid, dont le témoignage a beaucoup touché, a souligné l’importance de l’éducation en période de paix, en matière de sensibilisation aux principes de respect des droits fondamentaux. Par son travail, elle porte en effet un regard concret sur les possibilités que nous avons pour agir pour la paix au quotidien (dans les écoles, au travail, dans nos engagements), et a invité les citoyens à changer de regard (respect de la dignité, de l’altérité, aide aux personnes vulnérables). Elle n’a pas non plus éludé les difficultés à pardonner dans une situation où l’on perd des proches et des amis, et où l’on est contraint de s’exiler.
Mgr Antoine Hérouard, sans tomber dan la naïveté – réfutant le pacifisme intégral, n’occultant pas la nécessité de se défendre – est intervenu en relevant notamment une question. Bien loin d’être naïve, elle nous amène à nous questionner sur notre propre rôle dans la paix, même si nous nous trouvons éloignés des conflits internationaux : la paix est-elle seulement l’absence de conflits armés ? Ou quelque chose qui va plus loin ? En appui de cette interrogation fondamentale, il a cité Jean-Paul II, « Il n’y a pas de paix sans justice et pas de justice sans respect des droits humains. »
- « Justice, condition de la paix », dimanche 12 juillet
Charlotte de Poncins, Charles Fiessinger, Maria Biedrawa
Charlotte de Poncins a particulièrement sensibilisé l’assistance à la manière dont tout un chacun pouvait agir, même au quotidien, pour construire une société responsable, davantage respectueuse de la nature et des systèmes en marge du capitalisme, par notre consommation (respect des saisons…), nos investissements (placements solidaires et responsables), qui participe même modestement à la redistribution.
Le témoignage de Charles Fiessinger a montré qu’une entreprise pouvait construire une logique intégrant à la fois la recherche de profit et le déploiement des compétences de ses équipes, sans nier les difficultés que pouvaient poser les contraintes économiques. Il a notamment confié qu’un responsable de personnel « se devait de transformer le conflit en opportunité de compréhension et de progression collective. »
Maria Biedrawa, forte de son expérience sur le continent Africain, et en tant que membre de Justice et Paix, a pu voir combien la Justice était fondamentale pour garantir le bien commun et combien il était important de libérer la parole dans le cas des violences sexuelles : « guérir la Démocratie grâce à la parole des victimes. »
- « Dialogue et réconciliation », lundi 13 juillet
Thérèse de Villette, Albin Wagener, Paul Pourrat
Thérèse de Villette, fortement investie pour défendre la justice réparatrice, a expliqué ce processus, long mais ô combien fondamental, de la mise en relation des victimes et des auteurs de crimes et délits, qui n’ont souvent pas conscience des conséquences de leurs actes. Avec des paroles percutantes – « la justice devrait permettre à chaque personne d’être humain, c’est toujours une question d’ajustement » – mêlant profondeur philosophique et expériences de terrain, elle a été un exemple pour tous par son investissement et son énergie.
Albin Wagener, dont on remercie la disponibilité, a exposé clairement les enjeux posés par la polarisation de la société (les réseaux sociaux répondent à notre tentation de l’entre-soi et renforcent les clivages – voir le prochain numéro du COURRIER 221), en précisant notamment combien il était important de construire des lieux de dialogue où les échanges seraient constructifs et où les personnes ne chercheraient plus à imposer leurs idées mais à comprendre pourquoi l’autre pense différemment. Il a notamment insisté sur la nécessité de pardonner et de désamorcer les conflits, en accueillant l’autre sans peur et jugement.
Paul Pourrat, conciliateur de justice, acteur de la paix sociale, a partagé sa vision particulièrement concrète des conflits quotidiens à travers son engagement. Il a souligné que les conflits étaient souvent résolus quand les deux parties avaient pris conscience en amont et décidé d’y mettre fin par cette rencontre en signant un accord.
Cette Université a été clôturée par notre Président, Jean-Robert De Pasquale, qui a invité, dans la droite ligne de Kofi Annan – persuadé que la paix passe aussi par la société civile – à ce que chaque citoyen prenne conscience de son rôle pour la paix et de la nécessité d’agir pour le bien commun : « Cela suppose d’aller aux racines des conflits afin de construire un cadre orienté vers le bien commun, capable de faire grandir nos familles, nos collectifs de travail et notre société. »
Vidéo : Parole pour la paix
Galerie photo © Lionel Verlet
Dans l’ordre de gauche à droite : Aya Eid, Paul Pourrat, Hervé Rameau, Charlotte de Poncins, Maria Biedrawa, Thérèse de Villette, Mgr Antoine Hérouard, archevêque de Dijon, Charles Fiessinger
