Lyon 20-21 et 22 août 2021
Membres de l’Action Catholique des Milieux Indépendants de France, de Belgique, d’Italie ou du Portugal, appartenant aux catégories socioprofessionnelles moyennes et supérieures, nous souhaitons exprimer à l’ensemble des personnes de ces milieux, mais aussi à celles avec qui nous travaillons et qui vivent sur les mêmes territoires que nous, à l’Église et aux responsables politiques, les questions qui émergent quand notre regard de chrétiens se porte sur les défis posés aux sociétés dans lesquelles nous vivons.
Les personnes de nos milieux contribuent à façonner ces sociétés par les responsabilités qu’elles exercent professionnellement, par les engagements associatifs et politiques qu’elles prennent, par les choix de consommation et les normes culturelles qu’elles véhiculent. Après avoir travaillé avec des experts et des acteurs de la société, nous souhaitons lancer un appel à poursuivre le débat et contribuer aux transformations indispensables.
Nous nous engageons dans une démarche de conversion écologique afin d’approfondir notre conscience des graves dangers environnementaux et sociaux qui menacent l’humanité (réchauffement climatique, biodiversité, conflits armés, pandémies, inégalités sociales), afin de comprendre comment ils sont liés les uns aux autres et combien les transformations à opérer sont profondes, sur le plan des personnes jusqu’à l’organisation de la société. Ensemble, nous partons de là où nous en sommes aujourd’hui, en prenant en compte les difficultés, les potentialités et les responsabilités de chacun, conscients de nos propres contradictions.
De fait, notre engagement concerne d’abord les actions concrètes au quotidien que chacun peut immédiatement entreprendre dans différents domaines : travail, études, numérique, mobilité, habitat… Mais nous savons que l’émergence d’une écologie et d’une économie à visage humain suppose aussi de transformer le système économique et financier, les modes de production et de consommation, ainsi que les valeurs culturelles qui structurent aujourd’hui nos sociétés. Dès à présent, prenons en compte la dimension éthique et solidaire de nos placements financiers.
Les réponses ne sont pas univoques, leur dimension est autant locale qu’internationale. Parce que notre communauté humaine est mondiale, nous avons la responsabilité de construire des solidarités à l’échelle planétaire. L’accueil des migrants est une expérience concrète de cette fraternité étendue à laquelle nous sommes appelés.
Trop souvent, nous oublions que nous bénéficions de biens qui, en grande partie, nous ont été donnés : les biens matériels, la nature, les savoirs, la culture. Tout ne résulte pas de nos seuls mérites personnels. Notre engagement dans la conversion écologique nous conduit à réfléchir à ces acquis : comment devons-nous nous en servir ? À qui doivent-ils profiter ? Tout n’est pas monnayable, la nature comme la société. Les responsabilités que nous exerçons sont exigeantes sur ce point et nous appellent à l’humilité.
Nous considérons que la réussite de cette conversion écologique dépend d’une forte transformation de l’exercice du pouvoir et des organisations sociales pour donner toute leur place aux plus fragiles et développer des pratiques de participation et de coopération. Le temps consacré à l’écoute et au dialogue est un mode privilégié pour concilier des visions et des intérêts différents au service du bien commun.
Face à la tentation du désespoir, nous pensons que tout n’est pas perdu et restons confiants dans la capacité de l’humanité à relever ces défis. Nous puisons cette espérance en Jésus-Christ qui appelle les hommes à se lever avec audace. La conversion écologique est un mouvement de transformation dans lequel Dieu se révèle au cœur des initiatives et des engagements que prennent des femmes et des hommes avec lesquels nous vivons. Il nous invite à en témoigner et nous appelle à les rejoindre pour contribuer concrètement à un avenir désirable et à un rêve mobilisateur centré sur le développement humain.
