Territoire d'Annecy : A Dieu au Père Barcellini — Action catholique des milieux indépendants (ACI)

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Territoire d'Annecy : A Dieu au Père Barcellini

Au cours de la messe d'action de grâces pour ses 90 ans le 1er novembre 2016

Le Père Raymond Barcellini accompagnait de nombreuses équipes d'Action catholique et notamment des équipes d'ACI. Il est décédé le 5 juillet.
Il avait compris très tôt qu'il était important d’être présents aux situations concrètes, dans les différents milieux de vie et les réseaux des hommes d’aujourd’hui.
Le père Pierre Buet, aumônier territorial de Haute-Savoie, lui a rendu hommage lors des obsèques le 13 juillet.

On m’a fait savoir que Raymond ne souhaitait pas qu’on fasse de panégyrique le jour de sa sépulture. Je m’efforce de respecter sa volonté mais je ne peux pas cependant passer sous silence tous les cadeaux que le Seigneur nous a faits à travers sa vie et son ministère. Ils sont des invitations à rendre grâce au Seigneur.

Avec le départ de Raymond nous sommes nombreux, prêtres et laïcs, à perdre un ami, un grand frère dans la foi et pourquoi ne pas dire un maître en vie chrétienne à qui nous devons beaucoup. Longtemps il a été une référence dans les rencontres diocésaines ou les journées de formation. Cela ne l’empêchait pas d’être très jovial et de rire de bon cœur quand il racontait ses histoires et en particulier ses démêlés au plan pastoral avec ses anciens curés et les chanoines de la cathédrale.

Raymond nous a surtout aidés à bien vivre notre foi dans le monde d’aujourd’hui, tel qu’il est. Il avait conscience que le Seigneur aime ce monde et que c’est au cœur de ce monde qu’Il nous précède, vivant avec nous notre histoire personnelle et collective. C‘est au cœur de ce monde que nous pouvons le rencontrer et où Il nous invite à être des artisans de son Royaume.

Raymond avait une grande expérience de la mission de l’église, il a connu tous les ministères : vicaire, curé, vicaire épiscopal et aumônier de mouvements en particulier de l’action catholique à commencer par la JOC et puis l’ACI. Cela lui avait donné d’avoir des vues originales en pastorale.

L’intuition de l’Action catholique a déterminé toute sa mission de pasteur. Il a sans cesse cherché à éveiller les laïcs à prendre leur place à part entière dans la vie de l’église. Il les a formés leur partageant sa foi, ses convictions et ses connaissances théologiques pour qu’ils osent risquer l’aventure de la foi dans ce monde en profonde mutation. Bien des chrétiens lui doivent d’avoir gardé la foi, une foi qui les rendait heureux et confiants malgré les bouleversements que vivait l’église. Avec lui ils ont forgé dans leur cœur la certitude que Jésus est l’espérance du monde et ils ont partagé pleinement la vie d’aujourd’hui, unis à d’autres pour relever les défis de ce monde.

Il avait compris très tôt que la pastorale uniquement centrée sur les paroisses ne suffisait plus. Il était important d’être présents aux situations concrètes, dans les différents milieux de vie et les réseaux des hommes d’aujourd’hui. Cela pouvait remettre en cause même le ministère des prêtres. Des vues qui n’ont pas perdu leur pertinence encore aujourd’hui.

Sa culture et son intérêt pour tout ce qui est humain, lui permettaient d’être très ouvert aux autres croyants et aux incroyants. Il a créé de nombreux contacts avec nos frères protestants et la communauté juive où le dialogue en vérité était libre, fraternel et enrichissant pour tous. Il a connu la foi des chrétiens d’ailleurs et des autres croyants en particulier le monde musulman comme responsable diocésain de la pastorale des migrants. Il était très proche de la communauté italienne, ses compatriotes.

Il a été aussi responsable de la pastorale urbaine dont il a été l’un des fondateurs. Elle l’a conduit à travailler avec d’autres villes de France au plan régional et national. IL aurait pu assumer des responsabilités dépassant le diocèse mais il avait seul la charge de ses parents qu’il ne pouvait quitter.

IL a aussi accompagné bien des rencontres et des réunions. En Aci en particulier où ses commentaires d’évangile faisaient notre admiration, il était au courant des dernières découvertes exégétiques et nous révélait une manière souvent inédite de comprendre l’évangile.

Il accompagnait aussi des équipes de responsables économiques, financiers, industriels ou politiques. Il était à même d’échanger avec eux et de les aider à réfléchir à leur comportement professionnel car il était curieux de tout ce qui se passe dans le monde et connaissait parfaitement l’enseignement social de l’église. A travers les faits de vie sur lesquels nous réfléchissions ensemble il savait discerner les germes du royaume et l’action de l’Esprit Saint.

Avant que notre Pape François nous y invite vivement, Raymond a travaillé surtout dans les périphéries de l’église. Sa passion c’était Jésus et sa bonne nouvelle : le Royaume de Dieu au cœur de ce monde. Il intervenait dans les médias, télévision et radio.

 

Il nous laisse l’impression d’un homme qui a tout donné au Seigneur, qui a mis la main à la charrue sans regarder en arrière et qui a trouvé la joie de vivre à suivre Jésus et à partager sa foi en l’homme habité par l’Esprit.

Par le choix des textes pour sa sépulture il nous révèle ce qui était le cœur de sa vie d’homme, de chrétien et de prêtre : c’est une confiance illimitée en l’amour de Dieu manifestée en Jésus qui a donné sa vie pour que nous soyons des vivants. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous, il n’a pas refusé son propre fils comment avec lui ne pas nous donner tout ? Il avait la conviction que « rien ne pourra nous séparer de l’amour du Christ », ce Christ qui invite Marthe à lui faire confiance : « Je suis la résurrection et la vie celui qui croit en ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

Nous disons au Seigneur un grand merci pour la vie de Raymond qui trouve son plein épanouissement maintenant dans le cœur de Dieu. Que son souvenir nous aide à rester heureux de croire à l’amour de Dieu pour ce monde et artisans d’une église au souffle de l’Esprit qui renouvelle la face de la terre et la veut toujours plus fraternelle.

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